Yaoundé / Quartier Mbankolo : S’achemine-t-on vers un affrontement sanglant?

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Les populations de cette zone de Yaoundé, la capitale camerounaise, ne retrouvent plus le sommeil depuis plusieurs mois à cause des manœuvres d’un groupe d’individus qui les somment de déguerpir sans aucune justification légale.

Ces personnes s’attribuent abusivement le mérite d’agir au nom du chef de l’État et du délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Yaoundé. Mais face à cette situation, les esprits s’irritent au sein des populations et la tension projette un éventuel conflit qui pourrait causer des conséquences désastreuses.

C’est un climat de vive tensions qui règne depuis quelques mois au quartier Mbankolo, précisément dans la zone située derrière la station Tradex. Cette zone abrite un espace constitué de collines et un relief à une hauteur importante. Le gouvernement camerounais, par le biais de la communauté urbaine de Yaoundé, à prévu de réaliser dans la zone un projet d’élevage de plusieurs espèces animales avec l’implication des partenaires privés.

Dans cette perspective, le délégué du gouvernement en 2014, a convié les habitants de la zone concernée à une importante réunion qui portait sur l’information et la sensibilisation. Gilbert Tsimi Evouna, à l’occasion, à expliqué à ces habitants que les collines qui surplombent leur quartier feraient l’objet de restauration du massif forestier et d’une exploitation industrielle.

Le délégué du gouvernement leur a aussi précisé qu’au moment opportun ils seront informés du démarrage des travaux et des potentielles zones d’habitations qui seront affectées par ce projet. Gilbert Tsimi Evouna en voulant accorder la priorité au volet social dans ce vaste chantier, a rassuré les populations qu’une action de déguerpissement n’est pas envisagée. D’ailleurs, a-t-il précisé, les mesures sont prises pour aménager les personnes qui pourront être poussées à quitter la zone.

Un malheureux rebondissement

Les habitants de la zone ont après les assurances du délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Yaoundé, fixé leurs regards vers cette institution dans l’attente d’un certain nombre de précisions venant de Gilbert Tsimi Evouna. Mais entre temps, ils sont surpris de la tournure des événements.

Le chef de village Essama Mebenga et Mballa Nkoa Anastasie, originaire de l’arrondissement de Ngomedzap, Jean Claude Siga, Mene Opono et Etoundi Metari Pius, tous les autochtones, vont former un groupe infernale pour faire pression aux habitants de quitter la zone. Certains chefs de blocs, cette fois des allogènes qui voulaient en savoir plus sur le retournement du délégué seront destitués par le chef de village, Essama Mebenga.

Pendant ce temps, Mballa Nkoa Anastasie s’en prend à tous ceux qui osent s’opposer aux recensements des habitants du quartier. La confusion s’installe et la tension monte. Qu’est ce qui se passe? Pourquoi subitement le délégué qui a pourtant rassuré qu’il n y aura pas de déguerpissement a changé de logique? Qui sont ces gens qui entreprennent les recensements sur le terrain au nom de la communauté urbaine? Autant des questions qui ont du mal à trouver des réponses.

En fait, Mballa Nkoa Anastasie avec la complicité du chef Essama Mebenga sont des portes étendards d’un groupe de récupérateurs du projet de la communauté urbaine de Yaoundé afin de développer leurs manœuvres d’arnaque auprès des populations. Certains habitants abusés par les agressions et les violations flagrantes de domiciles orchestrées par ces imposteurs ont pris l’initiative de saisir la justice afin que leur bourreaux répondent de leurs actes et qu’ils soient définitivement fixés sur leur sort dans la zone.

Il revenait pourtant à la communauté urbaine de leur donner des clarifications à propos et non à des usurpateurs. On apprend que c’est Gilbert Tsimi Evouna qui avait délimité les collines concernés par le reboisement et la réalisation des projets d’industrie animale. La procédure judiciaire est d’ailleurs en instance devant les tribunaux et la prochaine audience est prévue pour le 8 août 2017.

Les manœuvres persiste

En attendant la prochaine audience du 8 août 2017, un autre fait inédit se produit. L’infatigable Mballa Nkoa Anastasie dans la matinée du 02 juillet 2017, informe les habitants du quartier sur une descente sur le terrain du délégué du gouvernement, Gilbert Tsimi Evounaa, du préfet du département du Mfoundi, Jean Claude Tsila, du maire de la commune de Yaoundé II, Luc Assamba et des forces de sécurité en date du 3 juillet 2017 à 15 heures.

La rencontre devrait se tenir à la chefferie de sa majesté Essama Mebenga, dans le but de fixer les populations sur les modalités de mise en place des projets en gestation. Mais à la grande surprise, les habitants, une fois à la chefferie vont se lasser d’attendre la délégation annoncée en grande pompe.

Les uns vont alors prendre l’initiative de regagner leurs domiciles autour de 16 h 30. C’est alors qu’ils aperçoivent des inconnus accompagnés des personnes citées en justice à savoir Mballa Nkoa Anastasie, Mene Opono, Etoundi Metari Pius et Siga Jean Claude, installer des chaises et des tentes dans le petit stade de football du quartier pour s’adresser à la population. Les habitants vont constater l’absence de Gilbert Tsimi Evouna, du préfet du Mfoundi, du maire de Yaoundé II, du commissaire de police et curieusement du chef Essama Mebenga.

Ce dernier se fait représenter par un chef de bloc qui n’est pourtant pas de la zone, un certain Mballa. C’est lui qui va d’ailleurs prononcer le discours de bienvenue au nom du chef du village. Les échanges vont surchauffer les esprits en prenant la tournure des querelles acerbes, des disputes violentes avec des propos xénophobes.

Le chef de village Essama Mebenga et ses complices profèrent des menaces contre les populations en les sommant de déguerpir au plus vite. On a failli aboutir au pire n’eut été la maitrise des uns et des autres. Les autorités administratives, le délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Yaoundé, les responsables en charge des questions de sécurité devraient sortir de leur mutisme avant que la situation ne s’enlise. Cette affaire a tendance à prendre des allures d’un conflit tribal avec un penchant lié à la xénophobie.

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